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| DEPARTEMENT DES POLLENS ET DU MICRO-ENVIRONNEMENT |
POLLENS
OU S'INFORMER ?
L’AMBROISIE, QU’EST-CE QUE C’EST ?
Il s’agit d’une plante herbacée annuelle de la famille des astéracées, comme l’armoise. Elle mesure entre quarante centimètres et deux mètres. Son feuillage, élégamment découpé, évoque celui de l’œillet d’Inde. Elle produit de mi-août à mi-septembre des quantités considérables d’un pollen très agressif. Elle constitue un problème pour la santé des populations ainsi que pour l’agriculture.
D’OU VIENT-ELLE ?
Essentiellement d’Amérique du Nord, sa zone originelle semblant être le sud-ouest des États-Unis. Elle a été importée en France principalement par les semences, surtout à partir des années trente (plants de pommes de terre, semences de trèfle rouges). La légende parle de graines collées sur les chenilles des chars Sherman déchargés par les Américains en 1944 à l’aéroport de Lyon-Bron. Même si le transport des graines par les pneumatiques de véhicules est décrit, cette cause d’importation de graines ne peut être qu’anecdotique.
DEPUIS COMBIEN DE TEMPS EXISTE-T-ELLE ?
Très ancienne sur le continent nord-américain, elle existe en Europe, et en particulier en France, depuis plus d’un siècle : un botaniste français observe et décrit la plante dès 1865. Sa prolifération ne devient importante qu’après la deuxième guerre mondiale et surtout depuis les années 70.
POURQUOI EST-ELLE EN PROLIFÉRATION ?
Il s’agit d’une plante conquérante mais peu compétitive : elle va envahir rapidement les terres laissées découvertes comme les sites de travaux (talus de chantiers,terres transportées, etc...), terres agricoles non couvertes.
En revanche, elle poussera mal dès que le sol qu’elle tente d’occuper aura un couvert végétal.
Les grands travaux dans la vallée du Rhône, la politique agricole commune et notamment les jachères, sont des éléments favorables à son développement.
VA-T-ELLE ENVAHIR TOUTE LA FRANCE ?
Son aire de prédilection actuellement est la grande région Lyonnaise et la vallée du Rhône, jusqu’à Bollène. Elle s’étend toutefois largement au nord de Lyon. Elle est présente sporadiquement en diverses régions mais les climats trop humides ne semblent pas lui convenir. De même la zone méditerranéenne, trop sèche, lui est peu favorable. Contrairement à une idée répandue elle peu croître en moyenne altitude : elle a été observée en Ardèche, près de Saint-Agrève, à une altitude de mille mètres. Le fait d’observer des pollens d’ambroisies sur des capteurs n’est pas le signe de la présence de la plante dans le voisinage de celui-ci. En effet ces pollens, très bien adaptés au transport par le vent peuvent provenir d’une zone distante de cinquante à cent kilomètres.
POURQUOI EST-ELLE DANGEREUSE ?
-Pour la santé humaine :
L’ambroisie produit en quantité très abondante un pollen fortement allergisant : un seul pied de cette plante est capable de produire chaque jour, 2,5 milliards de grains de pollens. La présence de cinq grains de pollens par mètre-cube dans l’air que nous respirons est suffisante pour déclencher des troubles chez les sujets les plus sensibles. L’allergie à l’ambroisie se caractérise par des rhinites (nez qui coule) intenses, conjonctivites, parfois eczéma. Un asthme, parfois sévère, peut apparaître.
-Pour l’agriculture : Très envahissante dans les cultures, elle pose un sérieux problème aux agriculteurs, entraînant des diminutions des rendements.
Le cas des producteurs de tournesols, en particulier semenciers, est difficile : en effet tournesols et ambroisies appartiennent à la même famille botanique rendant complexe un traitement chimique de la mauvaise herbe.
OU S'INFORMER ?
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POURQUOI PRODUIT-ELLE TANT DE POLLENS ?
2,5 milliards de grains de pollens par jour et par pied, c’est en effet un chiffre énorme... surtout si l’on a devant son pavillon un champ de cinq hectares couvert de cette plante.
Le grain de pollen est le « gamétophyte mâle » : c’est l’équivalent du spermatozoïde pour les plantes. La pollinisation est la libération des pollens par les étamines de la fleur.
Il existe deux types principaux de pollinisation :
- La pollinisation entomophile : C’est la pollinisation par les insectes, en particulier les abeilles. Les plantes «entomophiles» se caractérisent par des fleurs bien visibles, à nectar abondant, destinées à attirer les insectes. On peut citer en exemple le prunier. Les abeilles vont de fleurs en fleurs en transportant le pollen qui va les féconder. Cette pollinisation est efficace, avec un bon rendement, en conséquence de cette efficacité la plante produit « peu » de pollens.
- La pollinisation anémophile : C’est la pollinisation par le vent. Les plantes anémophiles n’ont pas de grandes fleurs pour attirer les insectes : le pollen est libéré dans l’air et va s’envoler dans l’atmosphère. On peut citer en exemple le pin. Abandonné au gré du vent le grain n’a qu’une faible chance de tomber sur une fleur de sa propre espèce. Ce système est peu efficace, le rendement est mauvais, la plante va compenser cette inefficacité en produisant des quantités considérables de pollens afin d’améliorer ses chances de fécondation. Il suffit, au printemps, de garer une voiture dans une pinède pour la retrouver, quelques heures après, couvert d’une poudre jaune faite de milliards de pollens de pins. L’ambroisie est une plante à pollinisation typiquement anémophile.
QUELLE EST LA PÉRIODE A RISQUE ?
Cette période débute dès que le taux de cinq pollens par mètre-cube d’air est atteint et dure tant que l’on reste au-dessus de ce seuil. Classiquement il s’agit de la période mi-août à mi-septembre.Le pic (taux de pollens le plus élevé) survient le plus souvent la dernière semaine d’août ou la première de septembre. Il a alors parfois été relevé des taux de l’ordre de 700 grains par mètre-cube d’air.
COMMENT PUIS-JE-ME PROTÉGER ?
Tout d’abord en s’assurant que les problèmes des ambroisies vous concernent bien ! L’ambroisie entraîne des troubles à la fin de l’été (mi-août à fin septembre). Les troubles observés au printemps ou en juillet n’ont pas grand rapport avec cette plante. L’ambroisie n’atteint a priori que les sujets allergiques, quoique certaines études évoque la possibilité de symptômes chez le sujet dit non-atopique mais fortement exposé. En cas de doute, une consultation auprès de votre médecin traitant ou d’un allergologue permettra de vérifier l’existence d’un problème. Si vous êtes sensibilisé, il appartiendra à celui-ci, et à lui seul, de mettre en place un traitement ou de proposer une désensibilisation.
Quelques précautions :
-Pour les sujets allergiques non sensibilisés à l’ambroisie : Il est préférable d’éviter, entre mi-août et mi-septembre, d’aller se promener en campagne dans les zones de forte présence de la plante. Il y a en effet un risque que le patient se sensibilise. Les sujets allergiques citadins doivent prendre en compte le risque de sensibilisation en cas de projet de déménagement en zone rurale (y compris en lotissements pavillonnaires entourés de terres agricoles).
-Pour les sujets sensibilisés à l’ambroisie : Bien entendu, éviter les promenades champêtres en zone d’ambroisie. Le cas échéant, pour les sujets les plus sensibles, organiser ses congés de manière à être absent lors de la zone de forte pollinisation (dernière semaine d’août et première de septembre).
EXISTE-T-IL DES MOYENS DE LUTTE ?
Divers moyens de luttes existent pour les cultures, les chantiers ou les bords de routes. Ils sont connus et appliqués par des spécialistes.
Pour les particuliers, le moyen le plus sûr est la tonte et surtout l’arrachage, qui doit avoir lieu lors de la deuxième quinzaine de juillet (plus tôt, elle repousse ; plus tard, elle est déjà en fleurs). Il est souhaitable de porter des gants lors de la manipulation de la plante et de l’incinérer. Et pour plus de détails.......
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POLLENS

LE DÉPARTEMENT DES POLLENS
La vallée du Rhône, comme la région lyonnaise, se trouve confrontée depuis une vingtaine d’années au phénomène de la prolifération des ambroisies (Ambrosia artemisiifolia l.). On peut rappeler que cette plante herbacée (composée astéracée), importée d’Amérique, pose depuis un quart de siècle un sérieux problème pour les allergiques de notre région. En effet, tous les ans, à la fin de l’été, cette mauvaise herbe à la pollinisation purement anémophile, produit des quantités considérables d’un pollen fortement allergisant (un seul pied peut produire, par jour, jusqu’à 2,5 milliards de grains…). Première cause d’allergie pollinique en Amérique du Nord, la prévalence de l’allergie à l’ambroisie ne cesse d’augmenter dans notre région. Cela à conduit le Docteur Chantal DECHAMP, à fonder dès 1982 l’Association Française d’Etude Des Ambroisies (A.F.E.D.A.) et à installer ses premiers capteurs à pollens. Le problème des ambroisies devenant préoccupant dans le sillon rhodanien, le Groupement d’Allergologie et d’Immunologie Clinique du Rhône Moyen (G.A.I.C.R.M.), sous l’autorité du Docteur Pierre COUTURIER ; nous a demandé de réhabiliter le capteur de Montélimar, implanté à la station météorologique d’Ancône. Au terme d’une formation d’une année, dans les laboratoires de palynologie de l’Institut des Sciences de l’Evolution (Université Montpellier II), sous l’autorité de Monsieur le Professeur Pierre COUR, ingénieur C.N.R.S., nous avons ouvert un département de palynologie à Valence. Au redémarrage du capteur de Montélimar (1995) à succédé l’installation (1997), à la demande du Comité d’Hygiène Sociale de la Drôme (C.H.S.), d’un capteur destiné à surveiller la région de Valence. Il est implanté à la ferme expérimentale d’Etoile-sur-Rhône. La mise en place d’un troisième capteur, sur le site de la station météorologique d’Aubenas (07) s'est achevée cette année, en concertation avec la D.D.A.S.S. de l’Ardèche.
Nous surveillons hebdomadairement les espèces suivantes :
- Arbres et arbustes : Cyprès, genévriers, thuyas, noisetiers, aulnes, ifs, ormes, peupliers, frênes, érables, buis, platanes, bouleaux, noyers, saules, charmes, chênes, épicéas, moracées (dont mûrier), marronniers, hêtres, pins, sureaux, oliviers, troènes, tilleuls, châtaigniers, cèdres, filaires, vignes.
- Herbacées : Crucifères (dont colza), composées liguliflores (type pissenlit), rosacées, éricacées, oseilles, gaillets, composées tubuliflores (type marguerite), graminées fourragères (poaceae), plantains, urticacées (dont orties), graminées céréales, mercuriales, armoises, ombellifères (apiaceae), chénopodes/amarantes, ambroisies, papilionacées (dont genêts), papavéracées (dont coquelicot), renonculacées.
Les taux en sont rendus hebdomadairement, la technique de Cour utilisant un échantillonnage suffisamment important pour détecter les pollens au taux de un grain pour dix mètre-cubes d’air (0,1 grain/m3).
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Au-delà de l’activité scientifique en palynologie, le laboratoire a développé un système de communication et d’information permettant à tout moment et pour toute personne, lorsque les capteurs sont actifs, d’obtenir des données précises et récentes dans le domaine du contenu pollinique de l’atmosphère.
1.) Activités scientifiques :
Elles reposent sur les mesures polliniques de la moyenne vallée du Rhône et sur l’exploitation des résultats relevés depuis 1995. Le capteur de pollens de Montélimar fut implanté à la station météorologique d’Ancône, en périphérie de la ville, sur le site choisi par l’A.F.E.D.A. pour l’unique année 1982 afin d’effectuer un bilan de la contamination de la vallée du Rhône par l’ambroisie. Le capteur d’Etoile-sur-Rhône, village à proximité de Valence, fut implanté sur le site de la ferme expérimentale de Marcellas, au voisinage immédiat de la station météorologique automatique. La proximité des capteurs météorologiques est une exigence de la « méthode Cour » afin d’avoir des données précises en matière de vents, de températures et de précipitations. Les résultats obtenus permettent, outre l’édition de calendriers polliniques, de mettre en évidence la progression considérable des ambroisies dans notre région puisque d’un pic pollinique au taux de 94 grains/m3 en 1982 à Montélimar-Ancône, on passe à un maximum de 402 grains/m3, en 1999, pour ce même site (690 grains/m3 étant alors observés à Valence-Etoile). Ces travaux, effectés en collaboration constante avec l’équipe de médecins du G.A.I.C.R.M., ont permis la réalisation de plusieurs publications (Revue Française d’Allergologie , Climat et Santé CNRS de Bourgogne).
L’exploitation de ces données nous a, par ailleurs, permis de confirmer l’efficacité du modèle prédictif de la pollinisation des ambroisies publié par le Docteur Chantal DECHAMP dans la revue Aerobiologia*.
*DECHAMP Ch., RIMET M-L., MEON H., DEVILLER Ph. : Parameters of ragweed pollination in the Lyon’s area (France) from 14 years of pollen counts. Aerobiologia 13 (1997) 275-279.
Cette observation a fait l’objet d’une communication orale lors du congrès de la Pan-American Aerobiology Association, mai-juin 1999, Université de Tucson, Arizona.
D’autre part, un travail effectué en commun avec le Docteur Dominique BUCLET de l’Etablissement Français du Sang Rhône-Alpes, site de Valence, permet d’observer les corrélations existant entre les hyperéosinophilies (taux d’éosinophiles supérieur ou égal à 700/µl) relevés lors de 57.110 dons de sang et les taux polliniques saisonniers de graminées et d’ambroisies, qui constituent les deux principales causes d’allergies polliniques dans notre région. Les résultats observés nous suggèrent l’existence d’un mécanisme de « priming effect » pollens de graminées / pollens d’ambroisies analogue aux observations d’auteurs scandinaves avec pollens de bouleaux / pollens de graminées.(Variation de l'Eosinophilie et Mesures des Taux Polliniques des Graminées (Poaceae) et Ambroisies (Ambrosia) dans la vallée du Rhône.
V.Penel, D.Buclet, P.Couturier, M.Xavier, P.de Sousa - Allergie et Immunologie-Volume XXXIII - n°8 - 2001 - pp.327.330.)
voir aussi : RAGWEED POLLINATION IN THE LYONS AND RHÔNE RIVER VALLEY REGION OF FRANCE
Abstract of Pan-American Aerobiology Association Annual Symposium ( Aerobiology '99)
The University of Arizona,Tucson AZ,USA. May 28-June 1,1999,p.4.3
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